PRÉVENTION ET ÉDUCATION SANITAIRE
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PRÉVENTION ET ÉDUCATION SANITAIRE

L’ HEPATITE C
 

L'hépatite C est une maladie inflammatoire du foie due à l' infection de ses cellules par le virus de l' hépatite C (VHC). Cette maladie est fréquente et affecte environ 150 millions de personnes à travers le monde. Elle représente un véritable problème de santé publique.
En France, et en Martinique aussi, on considère que 1 % de la population serait concerné par cette infection, ce qui représente environ 4 000 personnes à la Martinique.

La transmission par voie sanguine rend compte de la plupart des cas d’infection, qu’il s’agisse de :

        La transfusion de sang ou de produits dérivés du sang avant 1991, année où ont été institués le dépistage systématique et l’éviction des sujets à risque ou porteurs de ce virus et l’introduction d’étapes d’inactivation virale dans la préparation des produits dérivés du sang.

        L’injection de drogue par voie intraveineuse ou par inhalation en cas de lésion de la cloison nasale ou par utilisation de petit matériel contaminé. C’est actuellement la principale source de contamination pour les nouveaux cas observés en France.

         La pénétration percutanée par du matériel souillé et contaminé  : tatouage, perçage des oreilles, piercing et scarification.

       Les risques de contamination par acupuncture, mésothérapie, soins dentaires, chirurgie, endoscopie ou autre acte invasif sont devenus rares à l’heure actuelle en raison de la mise en place de mesures de décontamination, de désinfection et de stérilisation très strictes et grâce au développement du matériel à usage unique.

Les transmissions sexuelles et professionnelles sont rares.

La transmission de la mère à l’enfant a été bien démontrée avec un risque de transmission estimé à 3 %, risque accru en cas de co-infection par le virus HIV.

Enfin, le mode de contamination n’est pas retrouvé dans 20 % des cas environ, soit par insuffisance de précision sur d’éventuelles transfusions antérieures, soit par dissimulation d’une éventuelle toxicomanie par voie veineuse ou parce qu’il est inconnu.

Les signes de la maladie sont très discrets et il est exceptionnel de faire le diagnostic au début, c’est à dire à la phase d’infection aiguë, étape le plus souvent inaperçue ou se manifestant par une simple fatigue.

La maladie peut guérir à ce stade de façon spontanée dans 15 à 20 % des cas mais le plus souvent elle continue à évoluer lentement pendant des années ou des dizaines d’années sans signe apparent, réalisant alors un tableau d’hépatite chronique. .

C’est pour cette raison que plus de deux patients sur trois ne sont pas encore dépistés et ne se savent pas porteurs de la maladie.


COMMENT SE MANIFESTE L'HEPATITE CHRONIQUE C ?

Maladie sournoise, elle évolue à bas bruit, le plus souvent depuis de nombreuses années avec pour seul signe d’alerte des épisodes de fatigue, habituellement modérée et fluctuante, qu’on attribue volontiers à de multiples autres raisons ou qui semble inexpliquée.

Parfois ce sont des perturbations d’un bilan réalisé au laboratoire de façon systématique ou à l’occasion d’un don du sang qui attirent l’attention quand il existe en particulier des anomalies des transaminases, enzymes contenues dans les cellules hépatiques, ou une baisse du taux de plaquettes.

Dans d’autres cas, ce sont des manifestations extra-hépatiques ou une complication évolutive, en particulier une cirrhose ou plus exceptionnellement un cancer du foie qui révèlent la maladie.

Dans tous les cas, il faut réaliser un bilan complet en précisant l’importance de l’infection (sérologie, génotype et charge virale qui représente le taux de multiplication du virus dans le sérum) et le degré d’atteinte du foie (dosage des transaminases, échographie, et surtout biopsie hépatique au cours d’une brève hospitalisation) pour connaître le degré de progression de la maladie et décider d’un traitement ou d’une simple surveillance en fonction du stade évolutif.

La prise en charge thérapeutique a connu des progrès considérables en dix ans, permettant de proposer actuellement un traitement antiviral afin de diminuer le risque d ‘évolution vers les complications graves que sont la cirrhose et le cancer du foie.

Le traitement vise aussi à améliorer la qualité de vie des patients chez qui cette affection provoque une altération de la vitalité et parfois des perturbations de la vie psychique et relationnelle.

QUI DEPISTER ?

Les résultats encourageants des traitements et la gravité des complications potentielles après vingt à trente ans d’évolution de la maladie ont incité les experts à recommander un dépistage ciblé, de préférence sur les populations à risque, à savoir :

    les personnes ayant reçu ou qui pourraient avoir reçu des produits sanguins avant 1991

     les usagers actuels ou anciens  de drogues par voie intraveineuse et nasale

     les hémophiles

     les hémodialysés

    les enfants nés d’une mère atteinte d’hépatite C

     Les donneurs d’organes ou de tissus.

COMMENT VIVRE AVEC LE VHC ?

Les précautions à prendre sont très limitées puisque la majorité des personnes infectées par le virus C mène une vie normale, qu’il s’agisse :

    De l’alimentation, aucun régime alimentaire ne s’imposant

     En revanche la consommation régulière d’alcool même modérée est à proscrire

      Des activités professionnelles et sportives qui ne sont pas à modifier

      De l’activité sexuelle qui est possible avec un risque de transmission sexuelle qui est très faible. L’utilisation de préservatifs est recommandée en cas de partenaires multiples, de rapports en période menstruelle avec une femme contaminée, de lésions génitales ou de rapports traumatiques. Il n’existe pas de risque pour le simple baiser.

         De la grossesse et de l’allaitement qui ne sont pas contre-indiqués. Le risque de transmission mère-enfant est très faible, mais le traitement ne peut pas être mené pendant la grossesse.

        De la désinfection des objets usuels dans l’entourage familial (vaisselle, linge de toilette) qui n’est pas justifiée. Cependant le partage d’objets de toilette potentiellement blessants (rasoir, brosse à dents, pince à ongles, etc.) est à proscrire.

Il est utile d’informer de votre affection les soignants qui doivent procéder à des gestes invasifs (médecin, infirmière, dentiste)

Il est recommandé aux usagers de drogue par voie intraveineuse ou nasale de n’utiliser que du matériel jetable, de jeter les aiguilles usagées dans un conteneur scellé, de ne pas partager leurs seringues, pailles et autre matériel de préparation.

Si vous pensez que vous êtes concernés par cette affection, si vous n’avez pas les réponses à vos questions sur ce sujet, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin.

Rédigé par Dr. André EDOUARD


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